Un secret du docteur Freud d’Eliette Abécassis – Flammarion

un secret du docteur Freud - Eliette Abecassis - Flammarion En ce mois de septembre, il est un mot d’ordre “Rentrée”

Rentrée scolaire, rentrée littéraire…Que de rentrées !!! Entre les deux mon cœur ne balance pas, sur les deux fronts j’étais et je suis encore.

Ce qui est pour la rentrée littéraire, il est un livre parmi les quelques six cents qui a retenu toute mon attention, qui m’a bouleversée, qui m’a troublée. C’est le livre de la talentueuse Eliette Abécassis, Un secret du docteur Freud paru aux éditions Flammarion. 

Près de deux cents pages dédiées au père de la psychanalyse : Freud. Deux cent pages romancées de la vie de cet homme que nul ne peut ignorer. Deux cents pages qui retrace la vie de Freud, de sa famille, de ses “amis” ou pas à une période précise, celle de l’avant seconde guerre mondiale. 

Le maître demande à ses amis, à ses disciples de fuir l’Autriche. Il faut partir, s’exiler. Voici ces conseils, mais pourquoi lui refuse-t-il de quitter ce pays ? Pourquoi s’entête-t-il ? 

Sous la plume alerte et vive d’Eliette, le lecteur est happé dans la vie intime de Freud. Le lecteur sera le témoin silencieux de ce qui se joue dans le bureau de ce grand psychanalyste. Eliette a réussi à placer son lecteur dans son roman, elle fait de lui le témoin privilégié et ainsi donc le lecteur ne veut absolument pas fermer ce livre. Il veut comprendre l’entêtement de Freud, comprendre pourquoi Marie Bonaparte agit ainsi. Quel lien unit ses deux personnes ? Pourquoi Marie Bonaparte met tout en oeuvre pour que le Docteur Freud quitte l’Autriche et s’installe alors en Grande Bretagne ?

Au fil des chapitres, le lecteur sympathise avec quelques élèves, quelques amis, se méfie de ce Monsieur  Anton Sauerwald, et pourtant… Le lecteur découvre Aristide Brian aussi. Une farandole de personnalités, une farandole d’hommes et femmes instruits tournoyant de  près ou de loin autour de ce cher Freud. Et la famille de Freud n’est pas oubliée, bien au contraire. 

Et puis cette lettre, objet de convoitise, objet de désir. Cette lettre que le docteur Freud veut absolument récupérer. 

Et puis, à travers cette quête, il y a les nazis des années 40. Des hommes aveuglés par la haine, par la vengeance. Des hommes qui n’ont ni foi ni loi, qui tentent d’écraser le docteur Freud, l’obliger à rester là, en Autriche. Un esprit de vengeance, une envie de tout posséder voilà ce qui motive ses nazis. Ses nazis parmi lesquels d’anciens amis de Freud qui ne pensent qu’à s’approprier tout le travail mené durant de longues années par ce talentueux docteur. N’oublions pas que les Juifs sont alors considérés comme des sorciers,  comme des gens dont il faut absolument se méfier, qui plus est quand l’un d’entre eux mène des travaux de recherche sur l’âme. 

Un roman bouleversant, une quête à découvrir. 

J’ai dévoré ce roman voici quelques semaines. Une écriture précise, fine et pertinente. ElietteEliette-AbecassisPortrait.jpg Abécassis signe là un roman qui mérite le succès, le Succès.Le sentiment d’avoir fréquenté Freud un court instant m’a envahi quelques jours : étrange.  Une fois terminé, posé sur la table du salon, je m’en suis allée à la rencontre du Docteur Freud via Internet, car ma curiosité a été éveillée, car Eliette réussit à nous dresser un portrait autre de Freud, jusqu’alors objet d’étude pour la plupart d’entre nous. Bravo Eliette, vraiment !!

 

Je vous offre à cette occasion cinq exemplaires de “Un secret du docteur Freud” en partenariat avec les éditions Flammarion. 

Rien de plus simple : un petit mail par ici et c’est gagné. 

 

  • A près de soixante-dix ans, il se sentait usé par la maladie et les chagrins.Seule la psychanalyse, cette terra incognita qui s’était ouverte à lui, le tenait encore en vie car, chaque jour, il en découvrait un peu plus l’étendue, tel un explorateur de son propre pays. (p55)
  • Croyez-moi,Marie, je ne peux pas partir sans avoir ma partie de cette correspondance. C’est une question cruciale. Vous savez bien que les nazis n’aiment pas nos théories. Qu’elles sont en contradiction avec leur vision de l’homme. Et dans ces lettres que j’ai adressées à Wilhelm, j’aborde certains points litigieux. (p95)
  • Je suis vieux et il ne me reste que peu de satisfactions dans la vie. L’une d’elles est de pouvoir faire quelque chose pour mes enfants. (p106)
  • Depuis qu’il travaille sur Freud, il se sent dans un état bizarre. Il est traversé d’idées, de souvenirs et d’une mémoire sensorielle qui vient d’ailleurs. Peut être de chez l’analyste, dont les innombrables objets le hantent, tels des fétiches. Son antre est-il un temple maléfique dont les statues lui auraient jeté un sort ? Sa femme lui a bien dit de se méfier de ces Juifs qui ont des pouvoirs occultes. (p131)
  • En les lisant, il peut retrouver le charme d’une rencontre qui a changé sa vie, et lui donner son sens, avec ses grandeurs et ses limites, ses gloires et ses failles, ses réalisations et ses déceptions. (p188)