Un avion sans elle de Michel Bussi – Pocket

michel bussi,comme un avion sans elle,roman,polar,jprix maison de la presse,idées cadeaux noel,livre français 2013Découverte de Michel Bussi en ce mois de Novembre, attirée par ce bandeau accrocheur “Prix Maison de la Presse”. Tout ce que je réfute, ces fameux bandeaux qui me laissent un peu perplexe. Est-ce un coup de pub, le roman a-t-il plu réellement, est-ce un moyen de “faire” consommer de la littérature au visiteur lambda de la Fnac ou autre grande enseigne ? J’ai très souvent refusé d’acheter ce type d’oeuvre littéraire, de roman, ayant l’a-priori de me faire berner par une propagande publicitaire que je n’aime point. Mais bon je me laisse tenter pour plusieurs raisons : j’ai besoin d’un bouquin qui tienne dans mon petit sac bleu marine acquis depuis peu, je veux un roman français, le quatrième de couverture m’interpelle un peu : une énigme à la française qui attise ma curiosité. Quelques euros en moins dans mon porte-monnaie, cinq cents pages en plus dans le fameux sac, et le tour est joué. 

Un fait : un crash d’avion un certain 23 décembre de l’année 1980. 

Des personnages plus vrais que natures : Elle, Emilie Vitral, Lui, Marc son frère, un détective privé au nom improbable, Crédule Grand-Duc, l’assistant du détective, deux familles que tout oppose : Les de Carville et les Vitral. 

Et me voilà, partie dans les méandres d’un roman qui me tient en haleine, mais m’épuise aussi. Assoiffée de vérité que je suis, je me perds par moment par des descriptions qui n’ont pas grande importance. Par contre j’apprécie ce travelling entre le carnet de notes tenu par le fameux détective et la narration dix huit ans après les faits. 

Un troquet près du parvis de l’Université Paris VIII-Vincennes-Saint-Denis, Mariam la patronne, et ces deux-là. Qui sont-ils ? Amants ? Frères et sœurs ? Amis ? Il nous faut lire ces quelques centaines de pages, avec des rencontres improbables pour que les maillons se forment et nous livrent une vérité à laquelle on ne s’attend pas. Et pourtant, tout cela n’est point tiré par les cheveux. Au contraire, tout est machiavélique, réfléchi. Tout s’imbrique insidieusement au fil des pages. 

Dix-huit ans d’enquête pour notre détective, assassiné le jour des dix-huit ans de la belle Emilie. Dix-huit ans notés, archivés où se mêlent les faits réels, l’intuition de Crédule, les ressentis, les questionnements. De la France à la Turquie, d’une famille à l’autre il cherche, tente de comprendre, de rétablir la vérité. Mais cela est-il possible ? 

Emilie est retrouvée, seule survivante du crash, mais on ne sait de qui elle est la fille. Deux familles, endeuillées, de milieux sociaux que tout oppose, se déchirent la descendance de ce petit être à qui la vie à enlever ses parents. Qui sont-ils ? Les indices sont maigres, les tests ADN ne sont pas à l’époque des faits, les photos sont troubles. 

Finalement Emilie sera Vitral, aux bénéfices d’une multitude de doutes, d’impostures. Comment Emilie va-t-elle réagir, à sa majorité, en découvrant qui elle est vraiment ? Que va-t-il advenir de sa relation avec Marc qu’elle considère comme un frère depuis tant d’années, et ce malgré une attirance physique, amoureuse. 

L’auteur est talentueux car il nous mène sur des chemins escarpés, sur des pistes douteuses, encombrées et sinueuses. Nous vivons toute l’enquête, et en même temps nous vivons le quotidien des personnages, dix-huit ans après les faits. Michel Bussy nous promène, ne nous lâche pas dans son écriture. Il nous entraîne dans une danse folle. Nous pensons savoir qui est Emilie, mais dix pages plus loin un rebondissement. Le doute s’installe, nous sommes Crédule Grand-Duc. 

De rebondissements en rebondissements, nos sens sont en émoi, à l’affût aussi. Michel Bussy signe là un polar d’une extrême finesse, juste et tendre. L’amour y est présent. Les notes musicales de Charlélie sont en arrière-plan. Une écriture rythmée, vive, haletante. Des descriptions, parfois longue pour la lectrice que je suis, mais qui confirment que l’auteur a fait un réel travail de détective pour ne pas laisser place à un faux-semblant, à quelque incohérence. Un travail minutieux. 

Un très bon polar français qui me réconcilie avec ce type de roman. 


Oh libellule, toi, t’as les ailes fragiles

 Michel Bussi – Un avion sans elle – Pocket – catégorie 8