Sophie à Cannes – Sylvie Bourgeois – Flammarion

9782081259898.jpg

Son seul but était d’être humainement fréquentable

 

On le sait, je suis une assidue lectrice des éditions Flammarion, donc me voilà ce mercredi 5 Octobre en possession de la sortie flammaresque de ce roman.

Ce premier roman, mais le quatrième de l’auteur, qui relate avec beaucoup d’humour et de réalité les aventures de Sophie est une belle réussite : c’est frais, léger, vif, entraînant et vivant. 

Sophie, parisienne, femme au foyer sans enfant, la quarantaine, se fait larguer en deux minutes par François avec qui elle vit une belle histoire d’amour, en tout cas elle le pensait. Elle se retrouve donc sans revenu, doit libérer son 160 m² dans les trois mois, trouver du boulot : vaste programme.

C’est aussi l’occasion de s’apercevoir, pour notre héroïne, que d’ami(e)s elle n’en a point, et personne ne va l’aider dans sa quête de boulot sauf Géraldine. Géraldine qui lui propose de la rejoindre à Cannes lors du festival.

Le narrateur nous transporte alors sur la Côte d’Azur, sur la Croisette. Du Carlton au Martinez, de Clooney à Francesco, nous (lecteurs) suivons Sophie dans sa quête de logement car Géraldine ne peut plus la loger sur place. Pratique de trouver un hôtel à Cannes en cette période estivale. Au fil de ses recherches immobilières, Sophie rencontre ici et là des personnalités, des gens bien placés et va ainsi vivre le festival de Cannes de l’intérieur, mais sans savoir où elle dormira le soir. Elle découvre alors les dessous du décor, les codes langagiers de ce beau monde, l’impolitesse des gens, le faux semblant, le paraître..Tout ce que Sophie n’aime pas, et réfute. Malgré tout, elle se noie dans ce monde, mais son franc parler, sa personnalité attachante ne lui enlèveront son caractère profond, son sens de la répartie, et ses idéaux. 

Du concierge de l’hôtel, au réalisateur du film ovationné, Sophie ne laisse personne indifférente. Géraldine s’avèrera ne pas être l’amie que l’on pourrait croire, Géraldine qui est comme ces gens là : clinquante, pimbêche et honteuse, dans ce contexte cannois, de son amie. Géraldine, jalouse et hautaine. Bref, l’amie qui n’est motivée que par l’intérêt que peuvent lui apporter ses connaissances. 

Deux cent cinquante pages de franches rigolades, mais aussi de moments difficiles, de réflexions personnelles sur sa propre vie, sur ce que l’on est, quelle est notre quête de la vie, qu’est l’amitié au fond.

Cette plongée dans le monde cinématographique, ses paillettes, ses relations intéressées, vont permettre à notre héroïne de se trouver elle, de faire le point sur ce qu’elle est, et de s’assumer. 

J’ai apprécié cet opus de Sylvie Bourgeois dont je n’avais jamais rien lu auparavant et me demandant parfois si je n’avais pas entre les mains les écrits d’une future Agnès Abecassis. 

J’attends donc Sophie au Flore annoncé pour l’année 2012. 

 

 “Moi je m’en tape, la seule personne que j’aime, c’est moi, parce que c’est avec moi qu’il faudra que je vive le reste de ma vie”

PS : Ayant lu voici quelques mois “Il ferait quoi Tarantino à ma place ? ” de Géraldine Maillet, je me suis, dans les premières pages, demandé si un lien existait entre Géraldine et Sophie, ou entre Géraldine et Sylvie…. 

 

One Comment

  • Olivia Roche

    Oui, c’est sûr, il y a un lien entre Géraldine et Sylvie.
    J’ai lu les deux, le rythme, le lieu et le style se ressemblent beaucoup.
    Bien qu’avec Géraldine on est plus dans le monde du cinéma.
    Et que penser de “Yes, you Cannes. Amour, paillettes et tapis rouge”??? Vous l’avez lu?