Quand je serai grande, je serai vieille de Diane Peylin – Flammarion

Diane Peylin est une amoureuse de la mer qu’elle sillonne à la découverte de nouvelles terres, du monde. Diane Peylin c’est une jeune maman, auteur de plusieurs romans et surtout une très belle découverte pour la lectrice que je suis. 

 

“Quand je serai grande, je serai vieille”, un titre où tout parait clair, limpide. On grandit, on vieillit. Je m’attends donc à découvrir l’histoire d’une enfant, voire d’une adolescente, car je suis de ces lectrices (rares) à ne pas lire la quatrième de couverture pour que la surprise soit totale dès les premiers lus, parce que j’aime entrer dans un livre sans savoir “grand chose”. 

C’est donc dans cet état d’esprit que j’ouvre ce récit de Diane Peylin paru aux éditions Flammarion au mois de Février. 

Confortablement installée sur ma nouvelle terrasse, au soleil, en attendant que ma quiche lorraine cuise, j’ouvre ce récit après avoir été happée par la couverture qui est d’une beauté et d’une sensibilité indescriptibles : mon regard tente de comprendre ce que regarde cette jeune femme à la chevelure rousse assise sur son rocher, tenant un ballon rouge. 

Tout commence bien, une citation de Confucius que j’admire beaucoup “On a deux vies. La deuxième commence le jour où on réalise qu’on en a juste une“.

Deux pages plus loin, je suis un peu perplexe par la numérotation des chapitres. Ce récit commence par le 66, mais pourquoi donc ? L’auteur pique ma curiosité, je ne lis plus, tourne les pages et m’aperçois que la numérotation est à rebours. Cela peut paraître anodin, mais non ça pique encore plus ma curiosité alors hop je reviens au chapitre 66, et mes yeux n’ont de cesse d’aller de la gauche vers la droite, puis revenir à gauche. Je dévore les mots, les lignes, les pages, les chapitres. 

Ma quiche lorraine finira à la poubelle, le livreur de pizza aura du travail ce soir, et moi je pleure. Les larmes coulent, les frissons s’invitent parfois, le sourire apparaît ici et là. Les émotions se sont données rendez-vous dans mon corps, dans mon âme. Je ne peux lâcher ce récit. Plus rien n’existe autour de moi. Je suis dans une bulle, dans la bulle de Diane Peylin. Elle invite avec douceur le lecteur à entrer dans sa vie, dans son âme, dans son cœur, dans son cancer, dans son combat, dans sa maternité, dans sa vie de femme. 

“Quand je serai grande, je serai vieille” c’est le témoignage bouleversant d’une femme qui devient mère un certain mois de Novembre d’un petit Diégo. Elle est heureuse comme toute maman qui donne la vie, une vie saine. Un mois que ce petit bout de chou est entré dans ce couple aimant. Un mois, c’est quoi ? C’est trente jours, le temps de se remettre de ce chamboulement hormonal, de prendre ses repères dans cette nouvelle vie  Mais la vie en a décidé autrement avec Diane. Elle n’aura pas le temps de prendre tous ses repères, elle n’aura pas le temps puisqu’on lui annonce alors qu’elle est atteinte d’un cancer. Cancer : 6 lettres qui changent à jamais votre vision de la vie. Six lettres qui tombent à la veille des fêtes de Noël, 6 lettres qui n’ont pas d’urgence pour le médecin qui annonce mais 6 lettres qui en l’espace de quelques secondes chamboulent la vie de Diane, de Diégo son fils et de Nicolas son mari. 

Au fil des pages, Diane se livre avec pudeur, avec franchise et surtout avec un regard sur la vie qui ne peut laisser insensible. Elle partage son combat, sa colère, ses certitudes, ses doutes, son quotidien. Sa plume pétille, étincelle comme une lumière dans la noirceur de la vie qu’elle traverse. De son corps qui la fait souffrir, de son regard sur la vie, sur sa vie de mère, d’épouse, Diane n’épargne rien, ne laisse rien de côté. Elle met avec une justesse incroyable des mots sur les maux, ses maux. Tout est précis, concis. 

L’heure passe, les dernières pages sont lues. Le livre est refermé, les larmes coulent. Je ne peux parler ce ce que je viens de vivre. Je suis bouleversée comme rarement je l’ai été. Touchée par cette sincérité, par cette expertise de la description des douleurs, des émotions. Diane a un talent fou. Mais au-delà de ce témoignage sur cette maladie qu’est le cancer, ce récit est un hymne à la vie. Il vous fait poser un autre regard sur le monde, sur le sens profond du mot “vivre”, il est joie, espoir et espérance. 

A lire absolument, à mettre dans sa valise pour cet été sans aucune hésitation.

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Diane Peylin, Quand je serai grande, je serai vieille, Flammarion

 
 
 
 
Quand je serai grande, je serai vieille
Diane Peylin – Flammarion 
18 euros 
ISBN : 978-2-0813-4930-8