Première semaine de Janvier : nouveautés littéraires

Dernière chronique de cette année civile qui se termine dans quelques jours. Les fêtes de Noël sont passées avec leurs lots de surprises plus ou moins agréables, mais reste cette envie, ce besoin de lire, encore et encore. 

L’homme tout rouge, me connaissant bien, ne m’a point apporté de livres sous le sapin, mais des bons d’achat pour satisfaire mes envies littéraires. C’est ainsi que j’ai surfé sur les sites de différents éditeurs afin de planifier mes achats pour ce mois de janvier qui s’annonce. 

Je vous livre donc ma première liste, telle que je l’ai rédigée au crayon gris sur mon carnet, c’est-à-dire par ordre chronologique. 

Mon choix a été guidé par mes affinités avec certaines plumes, qui par le passé, m’ont touchée, et par les horizons d’attente de lectrice que je suis, créés par les éditeurs. 

1 –  Semaine du 02 au 08 janvier


belle famille.jpgBelle famille – Arthur Dreyfus – Gallimard – Collection Blanche

«Madec se dirigea vers la cuisine pour chercher un couteau à pointe fine. Comme s’il était surveillé, il s’interdit la lumière. L’obscurité ne faisait pas disparaître les formes, mais les couleurs. Est-ce ainsi que voyaient les gens dans les vieux films? L’enfant ouvrit le tiroir à ustensiles.» 
Ensuite un peu de bruit, et beaucoup de silence.

Inutile de vous présenter Arthur, il est l’auteur de cette fin d’année avec  ” le livre qui rend heureux”, un bel ouvrage à offrir à n’importe quel moment de l’année. J’ai hâte de lire ce deuxième roman (considérons que “Le livre qui rend heureux” n’est pas un roman) de ce jeune écrivain brillant et talentueux. 




passagers de l'anna.jpgLes passagers de l'”Anna C.” de Laura Alcoba – Gallimard – Collection Blanche

Au milieu des années 1960, une poignée de jeunes Argentins quittent clandestinement leur pays pour s’embarquer dans un périple qui doit leur permettre de rejoindre le Che Guevara. Ils sont prêts à donner leur vie pour qu’advienne la Révolution. 
Laura Alcoba a composé ce roman à partir des souvenirs des rares survivants de cet incroyable voyage, dont ses parents faisaient partie et au cours duquel elle est née.

Une auteure dont j’ignorais l’existence jusqu’alors. Une grande envie de découvrir sa plume. A suivre. 




on ne tue pas les gens.jpgOn ne tue pas les gens – Alain Defossé – Flammarion

« Je n’ai pas vu une seule chemise bleue, pas une voiture bleue, pas un seul uniforme. Personne ne m’a interrogé, ni le lendemain, ni après, ni depuis. Pourtant j’étais au bar ce soir-là. J’ai passé la soirée au bar ce soir-là. Ce soir-là, j’ai été le dernier à quitter le bar et les protagonistes de l’affaire, vivants et morts. Je me suis tu. Cela fait dix ans que je me tais. ». « Ce soir-là », Alain Defossé est le témoin d’une soirée qui se conclura par un meurtre. Tout à la fois récit intime, autoportrait impudique et enquête au suspense angoissant, On ne tue pas les gens est un livre puissant, habité par l’urgence à raconter enfin cette inquiétante nuit de juillet 1999.

Traducteur d’Irvine Welsh, Chuck Palaniuk, Joseph Connolly et de Bret Easton Ellis (American Psycho), Alain Defossé, né en 1957, est aussi l’auteur de sept romans et récits. Je ne connais pas cet auteur, et il sera de ceux qui m’accompagneront pour ce mois de janvier. 


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Les sauvages – Sabri Louatah – Flammarion

Un samedi de mai, à Paris. Sur les affiches et les écrans, un visage souriant promet à la France que « l’avenir, c’est maintenant ». Pour la première fois, le favori de la présidentielle est un candidat d’origine algérienne. Le même jour à Saint-Étienne. Dans la turbulente famille Nerrouche, c’est la fièvre des préparatifs de mariage. On court, on s’engueule, on s’embrasse… Mais le jeune Krim, témoin du marié, ne cesse d’aller et venir, en proie à une agitation croissante dont personne ne comprend la cause. Est-ce l’atmosphère de malaise entourant l’alliance entre un Kabyle et une Arabe ? La rumeur selon laquelle le jeune époux est homosexuel ? Ou bien est-ce le flot de SMS que Krim reçoit de son mystérieux cousin ? En vingt-quatre heures seulement, tous les fils se nouent et se dénouent : la collision entre le destin d’une famille et les espoirs d’un pays devient inévitable.

L’ambition et la fluidité de l’écriture des Sauvages, avec son étonnante galerie de personnages tour à tour émouvants et drôles, terrifiants et tragiques, l’apparente à la grande tradition romanesque du XIXe siècle. Son sens aigu de la narration et du rythme le rapproche des séries américaines les plus modernes. Les Sauvages se lit d’une traite, jusqu’à sa fin spectaculaire.

 


les petits succès.jpgLes petits succès sont un désastre – Sonia David – Robert Laffont 

Rose, traductrice de métier, a pour passe-temps favori de (se) faire des romans sur tout ce qui l’entoure, de préférence avec la « Pap’Team », ses amis et voisins qu’elle retrouve régulièrement au Papillon, leur bistrot de Montmartre. Dans ses tiroirs traînent des dizaines de débuts d’histoires, toutes inachevées. Le jour où elle reçoit 60 000 euros en gagnant un jeu-concours sur Internet, elle décide alors de se lancer et de prendre une année sabbatique pour consacrer à ses amis son premier vrai roman. Mais le livre, censé raconter la douceur de l’amitié et rendre hommage au plaisir de ce quotidien à la fois ordinaire et essentiel, aura au contraire pour conséquence de l’interrompre définitivement.

Dans ce roman construit comme un puzzle où s’entremêlent le « vrai » et le « faux », Sonia David affronte et déjoue avec malice le piège du premier roman autobiographique. Chronique d’une bande d’amis, ce premier roman est aussi une réflexion sur l’écriture, une tentative de percer ce troublant dilemme du romancier : écrire, c’est forcément trahir…


meilleure façon d'aimer.jpgLa meilleure façon de s’aimer – Akli Tadjer – JCLattès

J’ai eu le tournis et des palpitations de cœur parce que La petite fille en robe jaune m’est apparue. Elle jouait à la marelle sur le parvis de la Grande Poste d’Alger. J’ai crié son nom, elle s’est retournée, m’a fait coucou de la main, puis elle a sauté à cloche-pied une, deux, trois cases avant de disparaître dans celle du paradis.

Murée dans son silence, Fatima revisite son passé, ses secrets, ses histoires d’amour bâclées, faites de violence et de trahisons. Et, tout au bout de sa mémoire, tel un soleil ressuscité, surgit un petit enfant. 
Auprès d’elle, à Paris, son fils Saïd n’a toujours pas compris pourquoi sa mère n’a jamais su lui dire qu’elle l’aime.

La meilleure façon de s’aimer est l’œuvre la plus personnelle d’Akli Tadjer, unique dans sa façon de marier humour et tendresse. 



2 Comments

  • sonia David

    Bonjour, je suis extrêmement touchée de voir que mon roman (les Petits succès sont un désastre) figure parmi votre sélection de janvier. N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, y compris de négatif! Et en attendant, d’une manière générale, bonne lecture.
    Merci à vous,
    Sonia David

  • Bérangère

    Bonjour Sonia,
    Je suis très touchée par votre commentaire. Je ne manquerai pas de chroniqué votre livre d’ici une dizaine de jours et vous enverrai donc le lien…
    Je vous souhaite une belle semaine
    Bérangère