Mangez du Lion d’André Boris aux Editions Flammarion

mangez du lion.pngVoici quelques temps, je vous parlais, vous recommandais sans demi-mesure “Méfiez-vous de la Vierge”, et “Attention au Scorpion”, les deux premiers romans d’André Boris, parus aux Editions Flammarion

En ce début d’été, notre auteur astrologue, nous livre un “Mangez du Lion” tout aussi croustillant, léger (mais pas tant que ça) et sentimental. 

Avant toute chose, ma seule déception (mais pas grande non plus) est de ne pas avoir plus de nouvelles de notre chère diététicienne, Charlotte Ropraz. Elle apparaît cependant ici et là au fil des pages. En même temps, il fallait aussi qu’elle laisse sa place à quelques-uns de ses clients. C’est ainsi qu’Ambre Deschanel, productrice de télé-réalité, née sous le signe du Lion, cliente (ou patiente) de notre chère Charlotte, nous embarque dans son monde de l’audiovisuel.

L’histoire est bien ficelée, la fin surprenante, et les quiproquos, intrigues sont de mises dans ce troisième opus. 

Ambre, belle femme, très belle femme, qui a le plus beau postérieur de la capitale, voire de la France, est une femme de poigne, une femme directive, un peu, beaucoup m’as-tu-vu. Au sein de son équipe, une certaine Barbara (pourquoi ce prénom, je me le demande encore), née sous le signe du Gémeaux (tiens pourquoi ?), belle, charmante et qui plus est belle-soeur de Madame Ambre. Deux femmes totalement opposées, liées par le frère d’Ambre, qui vont se cotoyer, faire semblant de s’apprécier, se jalouser mais pas pour les mêmes raisons.

Evidemment, si deux femmes dans le roman, il faut deux hommes minimum ! Nous les avons en la personne de Paul Martin-Duval dit Vincent, journaliste, ami de l’ex-mari d’Ambre, missionné par ce dernier pour intégrer le lot de candidats qui participera à la dernière télé-réalité inventée et produite par Ambre, en personne. Et puis, le deuxième homme : Jules Merteuil, frère d’Ambre. Vous me suivez ?

Bref, deux femmes : Ambre et Barbara ; deux hommes : Paul et Jules. Quatre personnages qui évoluent au fil des pages, qui vont s’aimer, se haîr, se tromper, se cacher, se rire de tout, se trahir, se séparer et s’avouer des vérités. 

Entre Paris, sa province, l’Italie notre quatuor va aller de sentiments en sentiments, de quiproquos en quiproquos, de révélations en révélations, tout cela sous la houlette du caractère bien trempé du Lion.

Au fil des pages, on sourit, on pense savoir ce qu’il va advenir des différentes situations, mais que nenni ! N’oublions pas qu’André Boris maîtrise l’art d’écrire et de mener son lecteur vers des horizons que l’on ne soupçonne pas. C’est cela le talent d’André Boris. Un talent qui s’épaissit d’opus en opus.

Une plume qui s’affine, qui étonne aussi. André Boris nous décrit des instants purement féminin avec une précision étonnante pour un homme : les descriptions des tenues vestimentaires, des coiffures féminines, des rituels féminins sont à couper le souffle. Il confirme ainsi mes ressentis de mes premières lectures : Comment un homme peut-il aussi bien connaître le monde féminin ?

La réponse se trouve peut-être sur la quatrième de couverture où l’on apprend que notre cher André Boris est un insomniaque qui partage ses nuits entre la lecture de Bossuet et le visionnage d’un nombre incalculable de comédies romantiques. 

Un roman à acquérir à l’approche de l’anniversaire des natifs du Lion, à l’aube des journées estivales. Un roman à emporter à la plage pour passer de doux moments de détente et de sourire. 


Quelques citations

Par manque d’assurance la femme Lion a une nette tendance à “exagérer” sa nature, de peur d’apparaître inférieure aux yeux du monde. Au contraire de la femme Gémeaux qui avance son inébranlable estime de soi avec un maximum d’aisance. (p232)

Les séjours grégaires, si brefs fussent-ils, ont ceci d’instructif qu’ils font ressortir en accéléré la part égoïste de chacun. (p159)

De son point de vue, les femmes n’ataient ni des muses, ni des guides spirituels, ni tout simplement l’avenir de l’homme. Mais plutôt un égal qu’il convenait de traiter inlassablement comme tel. Et c’est dans cette vision qu’il avait appris à les apprécier plus que la moyenne. (p111)

John Nollet avait su tirer un immense parti de ses ondulations naturelles, qu’il avait, dans un premier temps, désépaissies puis opposées, en un graphique contraste, à des mèches plus strictement liées (p91)

Lorsqu’on lui en donnait l’occasion, Vincent ne se gênait pas pour débrider son côté Taureau. Il aimait les plaisirs en général. Et le sexe en particulier. Il se dit à l’instant qu’il serait bien bête de ne pas jouir au maximum de cette situation insolite. (p35)

Elle appartenait à cette catégorie d’individus qui attisaient naturellement la jalousie de leurs contemporains. Elle cultivait comme personne le “beaucoup trop”. “Beaucoup trop” belle. “Beaucoup trop” vivante. “Beaucoup trop” spirituelle. 


Lien vers “Méfiez-vous de la vierge” http://aposterioriapriori.hautetfort.com/archive/2011/08/07/mefiez-vous-de-la-vierge-andre-boris.html


Lien vers “Attention au Scoprion”

http://aposterioriapriori.hautetfort.com/archive/2011/09/18/attention-au-scorpion-andre-boris-flammarion.html


Mangez du Lion d’André Boris aux Éditions Flammarion au prix de 18 euros (en moyenne)