Ma Palme d’Or du Festival de Cannes

Sylvie soiree Calvin KleinJPG.JPGComme chaque année, mon amie Sylvie Bourgeois-Harel, romancière,  passe quelques jours à Cannes à l’occasion du Festival.

Comme chaque année, mon amie Sylvie Bourgeois-Harel me téléphone pour que l’on puisse se voir, discuter et passer un agréable moment.

Comme chaque année, je me fais une joie de la rencontrer, partager un thé avec elle, et causer littérature, vie, bonheur. Surtout que l’année dernière je n’avais pu me déplacer pour des raisons médicales. 

Cette année, c’est donc avec grande joie que je rejoins Sylvie à Cannes, qui de plus m’offre son dernier roman “J’aime ton mari”, accompagné d’un tee-shirt La fée Maraboutée, son partenaire. De cela, je vous en parlerai très vite ici-même car ce roman est un instant magique, une bulle d’oxygène. 

Sylvie a transformé ma journée en ce mardi 20 mai 2014. J’ai été, grâce à sa bienveillance et son amitié, l’instant d’une journée, une privilégiée. 

Déjeuner dans les cuisines du Martinez (Grand Hôtel Hyatt Cannes Martinez) est un privilège réservé à peu. Son chef, Christian Sinicropi, avait l’année dernière mis à l’honneur Sylvie avec un plat “Un instant avec Sylvie Bourgeois”, servi dans une assiette inspirée de son roman “Sophie à Cannes” (Flammarion), dans son restaurant La Palme d’Or (2 étoiles au Guide Michelin et un 17/20 au Gault-Millau). Sylvie Bourgeois. Martinez.jpg

Me voici donc confortablement installée sur une banquette, en charmante compagnie, dans les cuisines du chef, où quelques quatorze cuisiniers travaillent dans un silence étonnant, ponctué de “Oui Chef”. 

Un instant magique, un instant merveilleux et des rencontres uniques, comme seule Sylvie en a le secret. Voisine de Caroline Vié, journaliste “20 minutes”,que je ne connaissais que de nom pour avoir lu son “Brioche” paru chez JCLattès, et de Christian Sinicropi, ce déjeuner ne sera que découvertes artistiques. 

Oui, la cuisine est un art, et son digne représentant en est Christian Sinicropi. Un homme jeune, souriant, aimable, passionné et passionnant, et qui en cette période de festival n’a aucune marque de fatigue, mais un sourire ravageur. Cet homme est passionné. Un “simple” CAP en poche, il gravit les échelons dans ce monde très fermé qu’est la gastronomie, et devient chef du Martinez. On comprend pourquoi dès lors que l’on cause avec lui. Sa passion ne se limite pas aux mélanges subtils des saveurs, et des aliments. Il pense ses plats pour offrir, à qui viendra manger ici, un émerveillement de tous les sens. 

A l’arrivée de l’apéritif, vos yeux sont attirés et éblouis par la mise en scène de quelques amuse-gueule succulents. Tout est réfléchi. Le présentoir, imaginé avec Monsieur Gruss, est une merveille pensé par Christian, fabriqué par sa femme dans leur atelier. Une céramique qui est tout simplement une oeuvre d’art. On s’extasie, on est même un peu gêné de déguster ce qui nous est présenté. Une fois en bouche, vos papilles salivent. Cet apéritif sera ponctué de “mmmmmm”, “oooooo”, en choeur avec Caroline. 

Christian nous explique alors, qu’il travaille l’assiette de présentation. C’est ainsi qu’en cette période, il a conçu, voici quelques longues semaines, l’assiette de Jane Campion. Un vibrant hommage à “La leçon de Piano” (film préféré de ma jeune fille par ailleurs). Vous la décrire ôterait l’éclat de cette réalisation, aussi une photo illustrera tout le travail de Christian, en étroite collaboration avec sa femme. En effet, elle a suivi une formation durant une année, et depuis façonne les assiettes que son mari imagine. Ceci n’est possible que part une étroite collaboration qui fonctionne, et par l’intérêt que porte Christian aux arts dans leurs ensembles. Il peut vous causer cinéma, littérature, peintures, sculptures, photographies, pêches, produits régionaux et locaux, poissons, cuisine, gastronomie.. Une mine de connaissances qu’il met au service de son métier et de sa passion. 

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Il est de ces hommes qui vous transmettent avec simplicité son métier, son regard sur la vie. Il est un cuisinier qui, au-delà de gérer son équipe avec poigne mais dans un gant de velours, réunit dans ses plats cinéma, littérature, saveurs, regards. Il est de ces rares rencontres qui ne laissent pas insensibles, et qui ne peut qu’être admiré, et respecté pour l’ensemble de toutes ses qualités et il est à lui tout seul un savant mélange des arts. 

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Ce déjeuner est MA Palme d’Or à Cannes, en attribuant bien évidemment le prix de l’amitié à Sylvie Bourgeois et Philippe Harel, le prix de la nouvelle amitié à Caroline Vié, et le prix de l’extase à Christian Sinicropi. 

Merci pour cet instant magique, gravé à jamais.