Les petits succès sont un désastre de Sonia David – Robert Laffont

 

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Le premier roman de Sonia David, alias Sonia Rachline, est paru la première semaine de janvier. Ainsi commença mon année 2012 d’un point de vue littéraire. 

Mon premier sentiment, alors que je n’ai pas commencé la lecture, est “Espérons que cela en vaille la peine!”. Pourquoi me direz-vous ?

Tout simplement parce que ce roman compte quelques quatre cents pages et des broutilles, et qu’il s’agit d’un premier roman. Je suis aussi un peu “en alerte” parce qu’à la lecture de la quatrième de couverture, je me sens lectrice qui ne sait pas où les mots vont la mener. Donc un peu d’appréhension.

Quelques pages lues, et ça me plaît, ça me plaît même bien. Je ne sais trop où va me mener la plume de Sonia, je me demande comment, quand Rose va-t-elle gagner cette fameuse somme d’argent qui va lui permettre de prendre une année sabbatique pour écrire. Je me promène dans Paris. Je me situe fort bien dans le quartier du Papillon. Je suis l’ange de Roze, et je vis ce qu’elle vit, ce qu’elle décrit. 

Page 30, je me prends un fou-rire, seule dans mon lit, le livre dans ma main droite se perd alors dans les plis du lit. Newman, François Hollande, Carrefour et Gore Vidal sont réunis pages 30 et 31, et on assiste à un remake des “Bronzés font du ski”, en tout cas de mon point de vue, et je ris, je pleure. Sonia a une plume vive, et humoristique. Ça commence bien, très bien.

Au fil des pages, je découvre la Pap’Team qui se réunit le soir au bistrot. Ils sont parfois tous, parfois il en manque quelques-uns, quelques-unes, et puis il y a le petit nouveau : Vincent. Vincent pas apprécié de tous, qui ne cesse de plaisanter, avec son propre humour. Comme il aime à le dire, il a vraiment l’impression d’avoir un an de conneries en stock. (p119)

Vincent, je suis comme Zero, je t’aime moi aussi, même si notre amour sera impossible, je te le dis, ici et maintenant. 

Emma, l’amie avec ses démons, ses faiblesses, ses qualités. Emma qui se précipite dans les bras d’autres existences  pour se reposer de la sienne (page 30). 

Dix amis qui s’aiment autour de Rose, dite Zero. Ils l’aiment tous, pendant un temps, mais ne s’aiment pas obligatoirement les uns, les autres. C’est le propre de nos amis. Nous les apprécions, mais entre eux, ça ne passe pas toujours. Sonia sait nous livrer ces petits moments qui font que l’on appelle une relation “Amitié”. Elle maîtrise avec délicatesse et, avec finesse les liens humains entre des gens au fond si différents mais tous ancrés au Papillon par un “je ne sais quoi” qui font que ces soirs d’apéro font partis intégrante de leur vie, de leurs rituels. 

Inévitablement, on s’attache à cette bande d’amis, et comme eux, on a plus ou moins d’affinités avec les personnages. 

Je suis Nélou pour qui lire va de soi. Aucun mérite à ça. C’est pas une gloire, c’est pas un exercice, ca fait tout simplement partie de la vie, de mon éducation. Une manière d’échapper à la province. (p199).  Mais je suis aussi Léo. Léo qui, jeune, ne s’imaginait pas sa vie autrement que joyeuse. Elle n’aimait pas être sérieuse, les gens sérieux l’ennuyaient et, l’ennuient encore, et pour qui la gaîeté est forcement une histoire à plusieurs. (p215)

Je suis Fab avec un peu d’Alex en moi. Je suis Tica ou encore Merlin. Je suis eux, mes amis sont eux. 

Chaque lecteur se retrouve dans ce roman, chaque lecteur est interpellé à un moment donné par les mots de Sonia, par ses réflexions sur la vie. 

Je me fous de savoir ce qui relève du vrai dans ce roman, ce qui est du faux. Je me moque de la vie privée de Sonia, vie qui a influencé ce roman, qui en est peut-être même la substance moelle. Rien à faire, je suis sous l’emprise de l’encre, des mots qui se juxtaposent, qui se coursent au fil des pages. 

Quelques longueurs par moment, ou peut-être quelque impatience de savoir, de connaître, en ma qualité de lectrice absorbée dans ces quatre cents pages.

Une belle découverte, et un premier roman à saluer, qui n’est point un désastre, et qui, je l’espère, ne sera pas un petit succès. Un souhait : que mon présent écrit n’est point trahi l’intention de l’auteure. 



3 Comments

  • sophie

    Ce livre est un désastre. Des histoire de bobos qui se regardent le nombril, et s’écoutent parler quant à la narratrice elle est pathétique. Une gamine immature. Le problème c’est que ce livre est écrit sans aucun talent, pas l’ombre d’une mise en perspective du sujet et des personnages. Agaçant et pénible à lire.

  • Dominique

    Je ne suis pas du tout d’accord! Je viens pour ma part d’achever ce livre que j’ai dévoré. Je trouve au contraire que l’auteur parvient à ne pas tomber dans le piège de la bobomania grâce à un mélange d’auto dérision et de nostalgie. et puis je trouve intéressante la construction du livre, un peu en poupée russe. la seconde partie est très surprenante, très différente de la première, du coup ça lui donne du relief. Et puis j’ai aimé le fait que le roman s’attache aux petites choses sans importance de la vie, mais qui font aussi la vie. Je trouve enfin que l’on s’identifie facilement, pas forcément à un personnage en particulier, mais soudain à une réflexion, ou une situation. Bon, évidemment, tous les goûts sont dans la nature. Disons que moi j’attends maintenant le second roman de cette auteure….