Les heures souterraines – Delphine de Vigan

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Lundi 20 Mai : un jour pas comme les autres, ainsi l’a dit Madame la voyante. 

Mathilde dort mal dans la nuit du 19 au 20 mai, Thibault, lui, passe sa dernière nuit à l’hôtel avec Lila. C’est décidé, il doit quitter cette fille malgrè l’amour qu’il éprouve pour elle. Un amour à sens unique, ou ressenti de manière différente par Lila.

Près de trois cents pages qui décrivent ce lundi 20 mai vécu par Mathilde, et par Thibault, dans un Paris et sa banlieue. Mathilde ne soupçonne pas l’existence de Thibault, et inversement. 

Ces deux personnages nous plongent dans leur vie, l’analyse qu’ils en font, leurs doutes, leurs forces, leurs peurs, leurs certitudes. 

De son côté Mathilde, nous décrit fort bien et avec les mots justes, ce qu’une femme, seule, avec des enfants, vit chaque jour entre les transports en commun, le boulot, la maison. Nous partageons avec elle sa relation, purement professionnelle, avec Jacques, son supérieur hiérarchique. Un Jacques ignoble, manipulateur face auquel elle ne tentera rien, mais se laissera porter, comme un robot, comme par habitude.

Thibault, médecin, nous plonge dans ces visites médicales, d’un quartier parisien à l’autre, et nous ouvre les portes de la solitude des personnes âgées, le mal-être des citoyens d’aujourd’hui. Entre deux visites, entre deux voitures, entre recherche de place et attente derrière un camion de livraison, Thibault s’interroge sur sa vie, sur Lila.

Un roman qui ne laisse que très peu de place au sourire, à la gaîété, mais qui nous embarque dans la solitude des gens, dans ce monde contemporain où l’on se croise, et l’on s’ignore, ce monde où tout le monde se fout de tout le monde.

Delphine a une plume légère, des mots simples, et un sens de la description du monde moderne qui ne peut laisser le lecteur indifférent.