Janvier 2012 : des nouveautés littéraires

En rédigeant ma chronique des nouveautés littéraires, je me suis dit “Bérangère, une chronique suffira pour finir cette année et apporter quelques suggestions à tes internautes”. Que nenni ! Il va me falloir quelques notes pour vous faire partager ma liste d’achats, alors je vous embarque pour les autres semaines du mois de janvier, en réparant une petite erreur, puisque j’ai oublié un livre dans ma chronique précédente.

raisons de mon crime.jpgLes raisons de mon crime – Nathalie Kuperman – Gallimard

« Elle n’avait pas eu une vie facile. Elle passait les détails, mais ce qu’il fallait qu’il sache, et puisque ça lui viendrait aux oreilles un jour ou l’autre elle devait le lui dire, c’est que les quatre hommes qu’elle avait aimés depuis son divorce étaient morts. Maurice faillit s’étrangler. Ils sont morts de quoi ? De mort naturelle, pardi ! Et ce fut elle qui s’étrangla de rire. Maurice la regardait, de plus en plus fasciné. Cette femme était exactement la femme dont il rêvait. Bon, maintenant que tu sais, tu restes ? Tu veux bien de moi ? Et comment ! Ils se tapèrent dans la main comme pour conclure une bonne affaire (et Maurice n’osait croire qu’il venait de croiser l’amour une seconde fois, de façon si brutale, si forte, si rapide). »   En retrouvant des années plus tard une cousine perdue de vue, la narratrice se trouve plongée dans un univers qui l’effraie et la fascine jusqu’au vertige. Les personnages de ce nouveau roman de Nathalie Kuperman sont impressionnants de brutalité, presque de sauvagerie, et pourtant bouleversants de franchise, d’humanité blessée. En librairie le 05 janvier. 


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Un éclat minuscule – Jean-Baptiste Gendarme – Gallimard

Ils venaient d’avoir trente ans. Ça leur était tombé dessus sans crier gare. Ils s’aimaient, ils avaient un fils de vingt mois qui leur ferait bientôt sentir qu’ils étaient trop vieux pour le comprendre. Leur situation professionnelle était plus qu’incertaine – mais souvent enviée. Ils avaient des projets de voyages, un plan d’épargne logement comme les gens raisonnables – alimenté très irrégulièrement parce qu’ils n’étaient pas vraiment des gens raisonnables. 
Ils avaient, croyaient-ils, l’avenir devant eux.




A CAUSE.jpgA cause d’un baiser – Brigitte Kernel – Flammarion

Après trois ans de complicité et d’amour, une femme est troublée de sentir qu’elle s’éloigne de celle qu’elle considérait comme la compagne parfaite.

Le topo de l’éditeur est bref, mais on ne peut être déçu par la plume tendre, fine et merveilleusement maîtrisée de Brigitte Kernel. Elle est l’auteure du roman “Fais-moi oublier”, paru aux éditions “J’ai lu” en mars 2010. Un roman que l’on ne peut oublier tant l’auteure métamorphose sa plume en scalpel de chirurgien pour “disséquer” l’âme d’une femme mariée qui s’éprend pour la jeune Léa. 

C’est avec une très grande impatience que j’attends donc ce nouveau roman de Brigitte, qui je le sais, ne me laissera pas indifférente, encore une fois. Un roman qui nous parlera encore de ce doux sentiment qu’est l’amour, mais qui s’avère bien souvent difficile, impossible, compliqué… 



JULLIETTE.jpgJe suis faite comme ça – Juliette Gréco – Flammarion 

Autobiographie de l’artiste qui se raconte, de l’enfant secrète qu’elle était, son emprisonnement à seize ans, sa jeunesse pendant la guerre et la déportation de sa famille. Elle revient sur les rencontres qui ont marqué sa vie personnelle et professionnelle parmi les grandes personnalités de son époque, ses souvenirs au Flore, ses premières chansons, les voyages et les tournages, etc.

Ce livre sera commandé par mes soins en trois exemplaires. Un pour ma grand-mère qui m’a fait découvrir cette artiste alors que j’avais à peine cinq/six ans. Ma grand-mère qui voue une admiration sans faille à Juliette. Un second pour maman (fille de ma grand-mère) pour nos doux souvenirs de cette K7 que l’on introduisait dans l’auto-radio et où nous chantions à tue-tête. Et le troisième pour moi, évidemment,car Juliette ça se transmet de génération en génération. Vraiment hâte. 




monde dans la tete.jpgLe monde est dans la tête – Christoph Poschenrieder – Flammarion 

En 1818, le trentenaire Arthur Schopenauer ne parvient pas à faire publier son premier traité de philosophie en Allemagne. Muni d’une recommandation de Goethe, il décide de partir pour Venise, dans l’espoir de rencontrer le poète Lord Byron. En chemin, il fait la connaissance d’un étudiant vagabond, passionné comme lui par la philosophie indienne et l’Extrême-Orient.

Il s’agira, pour moi, de ma première lecture “sur” la personne d’Arthur Schopenauer. Je ne manquerai pas de vous tenir au courant de cette découverte hivernale pour mes neurones 😉 





enjoy.jpgEnjoy – Solange Bied-Charreton – Stock 

Charles Valérien est un jeune homme d’aujourd’hui. Il a hérité à vingt-quatre ans l’appartement de sa marraine à Passy. A décroché son premier emploi. S’est acheté des meubles sur Internet. S’est filmé en train de poser son parquet. Un beau début dans la vie, une vie qui n’a cependant de valeur que dans le virtuel. Pour lui comme pour ceux qu’il fréquente, c’est sur ShowYou, le réseau social le plus fréquenté au monde, qu’on s’exprime, qu’on existe et qu’on se montre sous son meilleur jour. Mieux, qu’on gagne le respect de ses supérieurs hiérarchiques. 
Il rencontre au même moment Anne-Laure, dite « Al », étudiante à la Sorbonne, et les membres farfelus de son groupe de rock. Aucun d’entre eux ne possède de compte utilisateur sur ShowYou. Un monde existerait donc, en dehors d’Internet. C’est de ce monde, en plus d’Anne-Laure, dont le narrateur tombe amoureux. 
Un danseur androgyne, une blogueuse en colère, une vieille dame asociale et un écrivain obèse, miroir déformé du jeune homme dans sa solitude, animent également cette fable contemporaine où le divertissement à tout prix n’a pas raison de l’ennui, où celui qui assiste à la vie des autres ne domine pas forcément la sienne, où l’ennemi n’est pas celui qu’on croit.

Enjoy est une peinture de la « Génération Y », la net génération, jamais loin de ses écrans de contrôle, mais qui le perd, sincère à défaut d’être cynique, en proie au désoeuvrement dans l’enfer du voyeurisme.