Deuxième nouvelle du jeu-concours

Cette petite nouvelle m’a carrément plu, sous cette plume se cache un écrivain en herbe qui gagne à être connu, mais qui ne veut pas être connu. Le paradoxe de l’écrivain ? Je ne sais pas, mais je vous livre ces mots à lui, et vous laisse libre de tout jugement.


 Je suis méchant. Foncièrement méchant. Il y a quelque chose de viscéral, de maladif dans ce comportement mais je ne peux m’empêcher de faire mal, de blesser les gens, et cela de manière tout à fait gratuite.

        Au commencement, pendant mon enfance, je me contentais de maltraiter mes petits camarades… je me moquais de leur physique, de la voiture de leur parents… je balbutiais dans ce rôle d’emmerdeur, timidement. Et puis, au fil des années, expérience aidant, j’ai pris du grade, j’ai acquis une certaine renommée. On me considérait comme l’empêcheur de tourner en rond mais ce n’était pas suffisant! J’avais soif de reconnaissance.
        Il faut que je vous avoue quelque chose :  je ne pouvais malheureusement pas me consacrer à plein temps à ma passion, je devais travailler à côté, je devais gagner de quoi financer les lubies de ma méchanceté alors, mon entrain n’était pas toujours total, je commençais à stagner. Heureusement, j’ai découvert l’astrologie et ça m’a sauvé la vie. Sans rire! Je ne vais pas vous mentir, tout cela, je n’y crois pas ! Pas une seconde ! J’abhorre totalement cette infâme fumisterie de bonnes femmes qu’est l’horoscope. Interpréter les mouvements des astres pour prédire ce que sera notre journée… Impensable ! Par contre, je voyais bien comment les femmes, dans leur ensemble, réagissaient à la lecture de ces quelques lignes négligemment jetées à même le papier. Oscillant entre émerveillement et déception, on aurait dit que leur vie dépendait de ce qu’elles lisaient… Enfin, bref, venons-en au fait ! Donc, j’ai lancé, sur un coup de tête, l’IAA — International Agency of Astrology —, une sorte d’AFP de l’horoscope ! Que je vous explique l’idée machiavélique : distiller au sein d’un anodin bulletin — censé donner de l’espoir — une infime dose de perversité afin de gâcher le plaisir que les lectrices et lecteurs pourraient en retirer. J’étais fier de moi, fier de mon idée. Après avoir établi une structure pouvant convenir à tous les signes astrologiques, à tous les décans, j’ai démarché les magazines féminins, les programmes télé… et ai pu commencer à diffuser ma vilénie dans tous ces médias ! J’ai rapidement pu quitter mon travail pour ne plus me consacrer qu’à l’IAA ! J’étais pleinement épanoui ; je me trouvais être, lors de la rédaction des horoscopes, pris dans une transe inouïe ! C’était jouissif, je me régalais. Et ce n’était pas tout ! Une fois cette étape finalisée, je me postais dans un quelconque café pour regarder l’affliction assombrir le visage de ces femmes à la découverte de mes malignités ! Une explosion de bonheur, j’étais comblé !
        Voilà comment j’ai atteint le paroxysme de ma méchanceté, grâce à vous mesdames, je vous remercie pour votre crédulité.