… de son mois de janvier 2019, hors des murs

Ma robe à paillettes a chu dans le bac à linge sale. 2018 a été clôturé avec les amis, les potes, et des inconnus. 2019 s’éveille. Le lever de soleil est sublime. Mélange de couleurs. Les larmes coulent sur mes joues, mes lèvres dessinent un sourire. Antonymique, j’avoue.

Prendre le chemin de la vie que l’on m’a dit. Comment ? A coup de pilules roses, trois fois par jour. Mais pas que. Se rendre à la clinique de jour, tous les jours, sans exception. Prescription médicale obligatoire. Pas envie. Obligée je suis. Sortir de cette micro-société de déprimés, de patients. Refuser la maladie : dépression. Avoir la haine. Avoir de la colère. Avoir aucune envie. Consultation psychiatre : une fois par semaine. Consultation psychologue : deux fois par mois. Envie de mourir : une fois par jour. Ne rien dire. Se taire. Faire semblant. Ah non ! Faut plus que je fasse semblant. Faut que j’affronte. Faut que je m’installe avec Bé (l’ancienne) pour construire Bé (la nouvelle). Et après ça vous ne voulez pas que je développe une autre maladie ?

Janvier 2019 : nouvelle vie. Je reste fragile, très fragile, mais je m’améliore au fil des jours. Démarches réalisées en temps et en heure : un exploit, une victoire. Chercher un appartement rien qu’à moi : trouvé, avec un petit jardin pour Lilou (mon Jack Russel. Enfin, son Jack Russel à lui, mais bon voilà quoi). Trier les affaires : les siennes d’un côté, les miennes dans des cartons. Lui fixer rendez-vous pour qu’il récupère ses biens. Le voir, lui sourire, ne plus l’aimer, l’aider comme une conne à tout mettre dans sa bagnole. Ne pas répondre à ses allusions, ni même à ses remarques. Trembler d’angoisses, de stress. Ne rien montrer. Et chialer encore et encore. Non pas de sa perte. Chialer de je ne sais quoi, mais pas d’amour.

Des soirées seules. Des soirées avec la team. Des soirées avec les enfants. Une maison propre, rangée. Régularité dans mes journées. Fréquentation du CPJ assidue. Vendre les meubles. Continuer les cartons. Ranger cette maison achetée, c’est un peu ranger ma vie, faire le tri dans ma vie. Déstabilisant et en même temps ça me structure. Faire une rencontre masculine. Ne pas y croire. Ecrire tous les jours dans mes carnets. Discuter des heures entières avec Mathilde. Se confier, rire, dire des bêtises, avouer ses doutes, philosopher, pleurer aussi. Amitié fusionnelle.

Ce mois pourrait être une liste, la liste de mes désirs, de mes doutes, de mes réflexions toujours un peu tordues ou questionnant trop la vie et l’être humain. Mais ce mois de janvier sera nouvelle vie dans un nouvel appartement. Il sera aussi très déstabilisant car je dois apprendre à vivre seule, à accepter le mal qui me ronge pour le soigner, accepter aussi le regard masculin sur ma personne : ce que je n’arrive pas à faire, il faut bien se l’avouer. Ce mois sera aussi le combat pour ne pas replonger, pour ne pas mourir car l’envie est là, lancinante. Elle va et vient au creux, non pas de mes reins, mais de mon âme. Mourir pour ne pas faire souffrir ceux qui sont là, pour épargner à mes enfants la vision d’une mère paumée en détresse. Et paradoxe, ils sont ma force. Tous : mes enfants, mes amis. Ne pas mourir car maman m’a toujours dit “Tu tombes ? Tu te relèves”. Certes, mais quand vais-je cesser de choir ? Ou est-ce que la vie c’est ça ? Tomber pour mieux se relever ?

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