… de livres à lire, évidemment !

Passion lecture depuis presque vingt ans. Un passage à vide de quelques petites années. Eté 2020, une rencontre, des rencontres, du temps, un esprit qui se réveille, et LA librairie qui va tout changer : La Pléiade sis Avenue Auguste Renoir à Cagnes sur Mer. Aurélie et Virginie m’ouvrent les champs du possible, me proposent des titres, ouvrent mes horizons de lecture. La Miss Saturne qui dormait en moi est de retour et vous partage, donc, quelques lectures à dévorer au soleil, ou pas.

Pour se détendre en terrasse, à la plage, chez soi…

Maman ne répond plus ! Fabienne Blanchut – La belle étoile

Fabienne Blanchut nous livre son premier roman pour adulte. Auteure connue et reconnue de littérature jeunesse (Princesse Parfaite, les Coquinettes, Mon ami Ham, Carafouille…), elle aligne avec fluidité les mots, transmet des émotions à son lecteur, narre une histoire simple, mais pas simple. Là est tout l’art de Fabienne Blanchut. “Maman ne répond plus ! (La belle étoile) est un roman qui se dévore, qui se savoure comme les bonbons mangés en douce par l’héroïne de ce roman : une sexagénaire qui fugue en Espagne, laissant ses enfants et son mari. Une aventure en vue, mais pas que, loin de là. Un récit tendre, poignant, humoristique, une histoire de vie, une mise à nue de Zabou, 62 ans.

Manger Bambi – Caroline de Mulder – Gallimard

Manger Bambi de Caroline de Mulder (nrf Gallimard) nous entraîne dans les méandres d’une ado de quinze ans, presque seize, livrée à elle-même. Père absent, mère présente mais alcoolique. Bambi n’a ni foi, ni loi. Elle rend les coups qu’elle a reçus mais puissance mille. Un style d’écriture qui peut parfois déranger : alternance des registres de langue dont celui de l’adolescent de quinze ans, et dont ma maîtrise n’est pas acquise. La vie est une pute et on a même pas les thunes pour l’acheter, telle est la devise de notre Bambi.

Normal People – Sally Rooney – Editions de l’Olivier

Restons dans l’univers de la jeunesse avec Normal People de Sally Rooney (Editions de l’Olivier). Direction l’Irlande. De Janvier 2011 à Février 2015, nous sommes les témoins de vies de Cornell et Marianne, deux jeunes adolescents qui vont entrer au lycée à Dublin. Ils se connaissent bien. La mère de Cornell est la femme de ménage de la mère de Marianne. Deux mondes différents, deux caractères opposés, deux vies différentes et pourtant ils s’aiment : mal, au mauvais moment, parfois, souvent… Lui, la littérature l’émeut. Elle, elle ne mène pas la même existence que les autres, elle est la fille la plus intelligente du monde, mais dans les moments importants y a plus personne. A lire ou à visionner puisque le roman a été adapté en série.

Des récits poignants à lire absolument

Il est juste que les forts soient frappés. Thibault Bérard – J’ai lu

Thibault Bérard m’a embarqué dans son roman “Il est juste que les forts soient frappés” (J’ai lu). Un premier roman tout simplement exceptionnel, lumineux. La plume est tranchante, l’humour vecteur de narration, le récit palpitant, et les émotions indescriptibles. Sarah, 42 ans, deux enfants, en couple avec Tom est morte. Ainsi commence le récit. Au fil des pages, on rit, on pleure, on frissonne. L’empathie n’est jamais loin. Thibault Bérard réussit le tour de force de parler de la mort prématurée de sa compagne sous l’angle de l’envie de vivre, de continuer à vivre. Dévoré en moins de 24 heures.

Je suis une sur deux – Giulia Foïs – Flammarion

“Mais il y a pire : que la parole “se libère” ou pas, toute la question et de savoir si les oreilles, elles, vont enfin se déboucher”. Cette phrase résonne en moi depuis la lecture de “Je suis une sur deux”, de Giulia Foïs (Flammarion). Ce récit est un bijou. Ses mots sont des diamants bruts. Un récit bouleversant. Une approche sociologique, argumentée. Les points d’appui sont multiples, la verticalité du père est l’élément central aussi. Enfin, un récit qui permet de poser un autre regard sur les victimes de viol, sur la justice et ce grâce à la plume de Giulia Foïs, une plume libre et libérée, analysante et analysée. Un récit choc qui se dévore.

La claque – Nicolas Robin – Editions Anne Carrière

Une claque : réelle. La claque de Nicolas Robin (Anne Carrière) n’est pas un récit mais un roman. Mais j’aime à le proposer ici car il est aussi question de violence. La violence d’une claque, de plusieurs claques. Une claque féminine sur la joue de son homme, de son conjoint. Lui est un homme, un vrai, rugbymen de surcroît. Il reçoit une claque, comme ça un jour pour une lessive qui a valu au pull de sa dulcinée de rétrécir, de ne plus être. Ce n’est que le début d’une série de violence qu’elle va lui infliger. La violence certes, mais la honte, l’incertitude, la jalousie, la certitude aussi de l’aimer. Oser la quitter, oser porter plainte. Pas simple surtout qu’entre eux deux, y a ce petit bout d’homme.

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