… de l’été, d’existence, de résurrection

L’été est là, bien présent. Chaleur, lourdeur de l’air, les plages sont parées de serviettes et matelas plus ou moins confortables, les jambes et les bras se dénudent, les vacances s’installent. L’été, cette saison que j’affectionne particulièrement, comme un vent de liberté, comme un vent d’insouciance. Telle était ma définition de l’été jusqu’alors.

C’était sans compter sur ce virus répondant au nom de Covid, à cette obligation vaccinale aux fins utiles de pouvoir, après plus d’un an, retrouver un semblant de vie “normale”. Sauf que la normalité est à redéfinir. Il y a un avant, et un après. Nous sommes en plein dedans. Chacun y va de son commentaire, de son avis. Les réseaux sociaux sont devenus des espaces de débat non contrôlés, les gens s’engueulent ou n’osent plus s’exprimer de peur de …

La peur. Cette émotion forte qui vous saisit entièrement, qui vous fait vriller, qui vous fait douter, qui vous met dans un état psychique et physique indescriptibles. La peur d’être critiqué(e), d’être jugé(e), d’être attaqué(e). Alors on se tait, on chuchote, on n’ose plus rien dire par peur, on espionne, on interprète toute publication, toute parole. Le doute s’installe. Et tel un petit soldat, on se tait, on n’ose plus. Ou si on ose, mais en comité restreint, auprès de nos proches et encore. Même là nous ne sommes pas à l’abri d’une critique.

Et ben cette peur, moi je l’emmerde. Oui je l’emmerde et bien comme il faut. Je refuse qu’elle s’empare de mon corps et de mon âme. Je ne veux plus vivre avec la peur, le doute. Ne plus vivre avec la peur d’être jugée, me moquer des qu’en-dira-t-on, des ragots. Cette crise sanitaire, l’arrivée de l’été, et les évènements de vie m’ont menée à ce constat, simple et efficace : vivre sa vie en accord avec soi simplement, laisser glisser les ragots, les rumeurs. La rumeur est avant tout une nouvelle, un bruit qui se répand dans le public, dont l’origine est inconnue ou incertaine et la véracité douteuse. Alors avant d’interpréter, de juger rappelons nous simplement cette définition sur la rumeur. A défaut, on peut écouter Suzanne qui sait très bien mettre en mot la rumeur.

Mais pourquoi ce coup de gueule de ma part ? Certes, j’aime à témoigner de mes trois dernières années, quelque peu folkloriques, avec humour, avec sincérité, avec mes émotions, mais jamais je n’ai eu à m’énerver, à m’agacer. Mais voilà, je suis ainsi, maintenant. Ne nous laissons pas envahir par la peur, par les peurs, car c’est cela qui va nous diviser, qui va nous tuer avant tout. Vivre dans la peur n’est pas sain pour l’esprit et le corps.

J’ai été rongée toute ma vie par la peur. La peur de mal faire, la peur de ne pas être aimée, la peur de ne plus aimer, la peur de ne pas réussir, la peur de dire non, la peur de ne pas plaire…. Résultat du combo gagnant de toutes ces peurs : des mensonges, des omissions, des non-dits, des embrouilles, des choix pas toujours des plus judicieux, des actes pas toujours honorables. Alors adieu la peur, adieu les peurs. Seule celle pour l’ado reste là en sourdine. Mais c’est une autre peur. Une peur particulière.

Se tourner vers la joie, l’amour, la vie, vers les bienveillants, vers ce qui me fait du bien, vers ce qui me permet de tenir debout chaque jour, vers l’avenir et vivre simplement en se moquant éperdument des pensées de ceux et celles qui se laissent embarquer par le ragot, par une version et non pas deux. Se tourner vers l’authenticité, vers le vrai et non plus ruminer le passé, tenter de faire valoir ma version des faits, mon analyse des situations, des faits factuels. Bienheureux les imbéciles qui se laissent emporter sur la vague du cancan, de la parole unique.

Porter le regard sur demain, car il y a bien plus important dans la vie, dans cet espace temps de naissance et de mort que de se prendre la tête et tenter d’avoir raison ou de ramener à la raison ceux et celles aveuglés par leurs propres idées, par leurs propres vérités. Vous me direz que ma vérité n’est que mienne et pas celle d’autrui. Certes, mais à cette différence que vivre c’est savoir reconnaître son côté obscur et son côté lumineux, c’est corriger le tir et surtout c’est accepter que l’on a été, et qu’on est plus.

Vaccinée, libre, amoureuse, heureuse, chanceuse je suis. Sourire je peux maintenant. Indépendante je suis. Aimante et aimée je suis aussi. Aucune rancœur, aucun regret. Vivre et aimer simplement, sereinement. Choisir ce qui est bon pour moi, pour mes proches. C’est ainsi que cette année je ne pourrais partager avec vous quelques évènements culturels, car j’ai choisi de consacrer cet été 2021 à mon bien-être, à ma petite personne. Egoïste je deviens, j’avoue. Ce n’est pas la peur qui m’éloigne de l’évènementiel, qu’on se le dise, hein !

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