… de l’effet confinement

En 1972, l’effet papillon apparait. En 2020, l’effet confinement éclate. En 1972, je vois le jour. En 2020, je renais. J’en suis là, après une bonne quinzaine de jours de confinement.

L’effet confinement c’est un ménage de printemps (dans tous les sens du terme) imposé, mais pas que. L’occasion aussi de bricoler, renouer avec soi-même (ou pas), découvrir de nouvelles activités (plus ou moins réussies), découvrir des “choses”, et sans le vouloir s’interroger sur la nature humaine, vraiment. Sur le sens des relations humaines. Des liens qui se dénouent, s’intensifient, se créent, reprennent (ou pas)… et puis les surprises, les étonnements. Certaines personnes qui ont traversé votre vie, à un m’ment donné, surgissent d’un je ne sais où, mais surtout pourquoi ?

Cette arrivée, absolument pas anticipée, des gens du passé procure une kyrielle de sentiments : stupeur, joie, nostalgie, colère, incompréhension, doute, regrets, chaleur, confort, fierté, reconnaissance… Non contente de passer du nettoyage au coton tige au classement par couleurs des stylos, du gommage maison à la pâte à tartiner maison, je passe donc par toute cette foule de sentiments, d’émotions. Mais surtout je me demande ce qui motive les personnes à revenir vers moi en cette période… Sont-ils tombés par hasard sur mon numéro de téléphone ou mon adresse mail ? Ont-il enfin osé ? S’emmerdent-ils à ce point ? Je ne sais pas du tout, et la questionneuse de vie que je suis, ne peut alors s’empêcher de se plonger dans quelques lectures philosophiques, sociologiques, psychologiques, et j’en passe, pour tenter de comprendre. En vain, j’avoue.

Premier constat : plus d’hommes que de femmes quand même… Bref, parmi toutes les tentatives de retour dans ma vie, il y en a une qui sort du lot. Des retrouvailles d’une chaleur (avec la distanciation sociale) incroyable. L’ami d’enfance, celui connu à 8 ans. Soit près de quarante ans que nous sommes dans l’existence de l’un et l’autre avec une rupture qui a durée quelques huit années. Les circonstances de la vie, nos vies. L’ami, le vrai (hein), le frère de mon enfance. Depuis lors nous ne cessons de communiquer chaque jour, des retrouvailles amicales qui autorisent des travelling arrière nostalgiques mais pas mélancoliques. Puis ce mec, il a une philosophie de vie rare. Et elle fait du bien cette philosophie là. Ce n’est pas du Spinoza ou du Sartre, c’est du lui. C’est un beau roman, c’est une belle histoire d’amitié. Une renaissance.

Et puis, vous avez ceux qui ont besoin de vous car perdus avec les apprentissages de leur(s) enfant(s), mais qui ont oublié qu’ils vous avaient perdue depuis un moment. Faut pas déconner non plus. Vous avez le monde professionnel qui vous demande de l’aide, ou votre avis alors que cela fait plus de 18 mois que vous n’avez plus aucune connexion avec eux. Vous avez ceux qui osent leCe temps de confinement me permet de prendre conscience de la réelle personne que tu es“… Comment vous dire que je ne suis plus celle que vous pensez que je suis car cela doit bien faire un an que j’avais oublié que vous existiez…. Ceux qui prétextent le “depuis le temps que je voulais t’appeler…”. Bon certes là ils ont le temps, mais quand même, l’excuse est un peu bancale : en plus de 12 mois t’as jamais trouvé le temps ?

Alors je me suis demandé quelles étaient les motivations, les raisons… puis j’ai laissé tomber parce que la nouvelle recette de saumon m’attend, parce que la cave faut l’organiser, parce que le repassage m’attend, parce que Lino Ventura m’appelle tous les soirs (et que oui je réponds à cet homme-là), parce qu’il y a aussi les vrais, ceux qui sont là et qui n’ont pas changé leur comportement. Et parce que l’ado a, est ma priorité.

L’effet confinement a donc aussi cet impact sur ma personne : se souvenir à ma mémoire l’existence de certaines personnes. En ai-je envie de renouer ? Ai-je envie de retenter une communication ? Au-delà de l’envie, est-ce que ces personnes m’ont manqué ? Ai-je de la place à leur attribuer dans ma nouvelle vie, sur mes chemins de vie ? Et là, le déclic, le choc aussi faut se l’avouer. Ben non, je n’en ai pas l’envie. Alors j’ouvre ma porte à quelques uns, rares et en nombre restreint. Et ça, et ben ça fait un bien fou d’avoir enfin la main mise sur ses choix, les assumer. Et se sentir libre et heureuse.

Vous aussi vous avez vécu une telle expérience ? Racontez à votre tour et je ferais alors un article sur vos aventures, et faut être honnête, me sentirais moi seule sur cet effet confinement.

Demain, nous causerons plus légèrement des péripéties de ce confinement qui ne se résume quand même pas à cuisiner, ranger, nettoyer…

Belle soirée à vous tous, et merci à vous.

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