… de la loi des séries en confinement

Quinze jours, trois semaines, un mois de confinement ? Je ne sais plus. La notion du temps s’effrite. Les repères temporels ne sont plus, par contre les repères spatio oui : salon, chambre, cuisine, salle de bains : 42 mètres carrés, ça va on gère notre sens de l’orientation.

Routine vécue tranquillement et sans stress. En même temps, pas le choix. Alors on s’habitue. Comme l’écrivait Barbara Israel, une auteure que j’affectionne particulièrement : Et puis on s’est habitué, peu à peu, on s’habitue à tout, à l’odeur de la merde, au froid, à la tiédeur, aux trahisons, à nos bassesses, à nos frayeurs de nuit, à nos terreurs diurnes, mais on continue tout de même à se raconter des histoires enrobées de douceur, on y croit de moins en moins c’est sûr, nos cris deviennent chuchotements. (Nos vies rêvées).

Quand soudain, la rage de dent. Non contente de débarquer en période de confinement, elle choisit un vendredi soir aux alentours de 22 heures, entre un épisode de Koh-Lanta et une rediffusion de Vendredi tout est permis. Ben oui, j’assume le vendredi le programme télé est ainsi, ici. Bref, la rage de dent. Prendre un doliprane 1 000 (chance nous en avons), tenter de ne pas y penser car plus tu y penses plus tu as mal, et bizarrement tu as le sentiment que la douleur ne fait que se graduer. Se dire que demain cela ne sera plus. Se laver les dents quinze fois, avec des bains de bouche entre. Et y croire. Mais non… samedi idem, dimanche idem et nuit blanche pour enfin se dire que lundi tout est possible. Lancer un appel sur les réseaux sociaux sous la formulation “Recherche recommandation…”

La douleur dentaire m’accompagne donc. Ceci n’empêche point le suivi scolaire et médical de l’ado, la confection de mi-cuits au chocolat (une tuerie), le renouvellement du gommage, la chasse à la moindre poussière et/ou tâche. Deux options : me rendre aux urgences dentaires à l’hôpital (pas vraiment envie d’attendre des plombes, de prendre le tram) ou appeler une plateforme d’urgences dentaires. Option 2. Abcès de la gencive (je vous passe les détails de la consultation en visio), ordonnance reçue sur la boite mail, direction la pharmacie, et me voilà sous antibio pour huit jours. La douleur s’estompe. La maison devient une officine entre l’ado et moi.

L’aspirateur en profite pour mourir. Panique à bord. Que faire en période de confinement sans aspirateur ? Heureusement, le balai prend le relai, mais comme moins efficace, et ben tu le passes trois fois plus. Et comme tu as développé, sans en prendre réellement conscience, un côté perfectionniste maniaque obsessionnel, et ben tu te promènes toute la journée avec le balai. Mais pourquoi mourir maintenant cher aspirateur ? Certes, je t’ai fait vivre des journées denses et tu n’étais pas habitué. Je consens. Mais sais-tu que te remplacer, au-delà de l’aspect affectif, est compliqué en ces temps…. Te recommander donc via internet. Tu n’es plus dispo. Passer des heures à comparer. Porter son choix sur ton grand frère, et attendre son arrivée. En attendant, je suis en deuil de toi et je le vis pas trop mal, mais pas très bien non plus.

Une hospitalisation de l’ado en réanimation pédiatrique, une rage de dents, une privation de liberté, la mort de l’aspirateur, l’impossibilité de voir les amis, réaliser que certains sont dans une situation professionnelle complexe, l’annulation du week-end copines à Bruxelles, ça suffit hein…

Nous nous remettons donc de toutes ses péripéties plus ou moins graves. Nous continuons chaque soir et chaque matin à promener celle qui partage notre quotidien : Lilou, la chienne Jack Russel. Un tantinet pénible mais pas trop, toute caline aussi. Quand un soir, retour de promenade et la patte avant en sang de notre animal de compagnie. Panique mais pas trop. Compresses stériles, bétadine, bandage. Je maîtrise sur l’ado, ça devrait le faire sur la chienne, non ??? Et constater que Lilou n’est plus la même. Après l’urgence pédiatrique, l’urgence dentaire, l’urgence vétérinaire. Bilan : anesthésie, opération, traitement antibio. On est bien non ??? Moi qui pensais faire un peu d’économies avec le confinement, ben le budget apéros-sorties se retrouve dans la caisse du vétérinaire.

Sinon, ça s’arrête quand ? Le confinement ? Les emmerdes ? Je ne me plains pas, bien consciente que mes petits maux ne sont rien face à la crise économique qui se dessine, face à la fatigue des actifs, face à ce virus invisible qui détruit des vies et nous prive de libertés. Mais quand même !!!

Quinze jours de répit j’aurai. Pas plus. 1er mai, jour férié. Lilou en mode tremblements incessants, incapable de marcher. Urgence vétérinaire bis. Antibio et Tramadol. Luxation du bassin. La loi des séries est approprié non comme titre ?

Entre deux séries, on regarde des séries télévisées car avant on avait pas le temps, comme ceux qui vous appellent, et parce que la vente de coton tige n’est plus autorisée et que les plinthes sont vraiment propres. Donc, on découvre Scandal dans son intégralité, et là on réalise pourquoi une amie a pris pour pseudo Olivia Pope.

La suite, à venir…. lectures, cinémas, anecdotes de vie.

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