...de la (sa) vie,  A la une

… de 2022, comme c’est original !

De retour et sans promesses de publications “à venir” car je n’arrive pas à les tenir (ça c’est dit) !!! Le dernier partage de plume remonte à la veille de mon anniversaire. Depuis ? J’ai pris en âge donc, les fêtes de fin d’année ont été, la nouvelle année a pointé le bout du nez, et puis la vie, surtout, a repris dans tous les sens du terme. Et donc ?

Depuis presque deux ans, je partage mes états d’âme, témoigne au grand jour de ce qu’est la dépression. La dépression réactionnelle. Pas la dépression chronique, pas la dépression mélancolique, la dépression réactionnelle. Celle qui débarque du jour au lendemain, suite à un trauma(tisme), qui (vous) plonge dans les méandres de l’errance. Errer dans le monde, errer dans sa propre personne. Ne plus savoir, ne plus vouloir savoir, ne plus vivre, ne plus vouloir vivre. Elle a un avantage quand même cette dépression : elle se soigne, elle finit par partir, on en guérit. Le protocole est long, douloureux parfois. Une combinaison d’antidépresseurs, de somnifères, d’anxiolytiques, de visites chez le psychiatre, chez le psychologue, mais pas que !

Un pan thérapeutique, médical non négligeable, voire indispensable. Puis un autre pan, l’entourage, les rencontres, les adieux, les ruptures. Tout contribue à trouver le chemin de la sérénité, à retrouver l’envie de vivre, et à poser un autre regard sur le monde et sur soi. Qu’ici soient remerciés ceux qui m’ont aidée à traverser cette longue période, ceux qui ne sont plus dans le champ de mes amis, de mon entourage, de ma vie (ils se reconnaîtront). On ne poussera pas le bouchon trop loin en remerciant celui qui est à l’origine du trauma, mais presque !!!

Le trauma(tisme) peut paraître bénin : une demande en divorce. “Voyons ça ne justifie pas des années de soins, tu exagères, tu fais pas d’efforts. Ca arrive à plein de gens et ils ne réagissent pas comme toi. Allez bouge-toi ! Y a des gens ils ont des traumas bien plus importants et ils ne dépriment pas !” Combien de fois ai-je entendu cela ? Je ne sais pas, je ne sais plus. Je renvoie ces petites personnes à la définition du mot individu, dans tous les champs (langue française, sociologie, ethnologie, psychologie, philosophie…). Ceci étant, revenons à ce concept de traumatisme. Une rupture est toujours traumatique, avec plus ou moins d’intensité. Divorcer est un traumatisme pour celui, celle, qui n’en fait pas la demande, qui n’a pas d’explications logiques, sensées… Comment accepter cette scission quand le demandeur balance “J’ai pas un interrupteur on/off pour les sentiments.” ou encore “Je ne peux pas te dire que je ne t’aime pas”… Le sens est perdu, plus rien n’est logique, alors on réagit et hop la dépression réactionnelle débarque.

Le bal des découvertes est ouvert : urgences psychiatriques, CMP, psychiatres, hospitalisations dans une unité psychiatrique ouverte, médocs, activités thérapeutiques en tout genre (du groupe objectif à la danse en passant par l’instant d’improvisation, partager vos savoirs). Une immersion dans le monde des fous, des aliénés comme aiment à dire ceux qui ne connaissent rien, ceux qui vivent avec un esprit étriqué. Etre coupée de la réalité pour mieux se concentrer sur soi, pour mieux appréhender la vie, pour faire le point, comme un bilan de compétences, à vrai dire.

Plus de deux ans après, un trauma en plus (la santé de l’ado), la légitimité de causer sur le sujet me semble tout à fait légitime. Cette traversée, je l’ai partagée avec vous, avec des (ex)ami(e)s, mon entourage, et au fil des jours, des mois, le constat est terrible : je ne suis pas la seule, mais moi j’ose dire, j’assume, je ne m’en cache pas. Cette traversée m’a déconstruite pour mieux me construire. Difficile d’y croire pour beaucoup car dans l’inconscient collectif personne ne change, les gens ne peuvent changer. Pour tenir de tels propos il faudrait, avant tout, être à minima instruit, se renseigner, se documenter sur l’individu, son développement, ses fonctions et processus cognitifs. J’avoue ce n’est pas à la portée de tous.

Les médicaments sont encore une routine, à moindre dose. Le suivi thérapeutique est indispensable et nécessaire. Les ateliers thérapeutiques ne sont plus. Les défauts ont été corrigés. Les qualités se sont développées, modifiées. Les relations sont autres : moins nombreuses mais plus intenses, plus authentiques. Assumer son passé, ses manières d’être, connaître son côté obscur, conscientiser la vie et sa superbe. Ne plus s’embarrasser, dire non, dire merde, ne rien dire, lire, écrire, rire, prendre soin de son corps, car oui le corps est en interactions constantes avec le système nerveux. Soutenir, aider, se tenir dans l’ombre, entretenir les relations qui en valent la peine, oser dire.

Alors 2022 on va faire quoi ??? On va continuer ainsi, on va voyager, réaliser des rêves, vivre, danser, manger, boire, festoyer, voter, progresser, grandir, vieillir, nettoyer, prioriser, s’activer, éduquer, enseigner, apprendre encore et encore, mais surtout je vais simplement vous remercier, vous. Vous ? C’est-à-dire toi qui n’es plus dans mon horizon amical, toi qui parles, toi qui penses sur moi, toi qui renies, toi qui es toujours là, toi qui es “un nouveau” dans ma vie, toi qui es une belle rencontre, toi qui m’ignores, toi qui me soutiens, toi qui m’aimes, toi qui me fais rire, toi qui me manques, … et puis vous, vous le corps médical.

A très bientôt, pour la suite… je n’ai pas la date encore !

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