… d’avril 2019 vs avril 2020

Avril 2019, quatre mois de liberté. Je ne suis plus hospitalisée. Je signe aussi la vente de cet appartement acheté à deux. Une symbolique forte. Le revoir pour la signature. Apposer la signature. Un pas en avant. Sourire avec sincérité.

Avril 2020, 16 mois de liberté. Je n’ai plus été hospitalisée. Le divorce n’est toujours pas prononcé. Une dizaine de pas en avant ceci étant. Sourire à la vie. Chaque jour. Esprit désencombré. Heureuse, je suis.

Avril 2019, clinique de jour. Traitement identique. Les amis m’entourent. Des heures avec Mathilde. Sorties tous les week-end. Préparation du week-end entre amis à Berlin. Quelques concerts aussi. Je ne lis plus, je n’y arrive plus. Je remplis mes carnets chaque jour. Garder trace de ma vie au jour le jour. Je ne suis pas guérie, je le sais même si je réfute l’idée. Sortir, m’évader. Pratiquer un peu de sport.

Avril 2020, clinique de jour. Encore. Toujours. Traitement non identique. Plus léger. Les amis m’entourent, ils ne sont plus tout à fait les mêmes. Ainsi va la vie. Mathilde n’est plus. Partie rejoindre les anges. Pas de sorties. Confinement. Lire, écrire enfin. Tout cela est revenu. Veiller sur ma fille, l’adolescente. Introspection. Pratiquer le sport. Pas de concert. Pas de sortie.

Avril 2019, l’avenir est limité à demain. De gros moments de blues. Des rechutes. Ne pas céder à l’hospitalisation facile. Je ne sais plus. Ma vie n’a que très peu de sens. Je me découvre. J’ai peur. Je n’assume pas. Psychothérapie puissance 10. Je chiale tous les deux jours. Je chiale le soir aussi, tous les soirs. Je n’anticipe rien. Je retombe dans mes travers. Je suis fatiguée de tout cela. Je ne comprends toujours pas. Tout. Aucune envie de faire des efforts. Je m’effondre intérieurement. Je souris extérieurement. Chaos interne. Je ne m’en sortirai jamais. Trop de noeuds à l’intérieur de moi. Je baisse les bras. Je fais semblant. Suis retombée dans le faux semblant. Toute parole qui m’est destinée est sujet d’analyse, d’interprétations, de questionnements. Je me bouffe de l’intérieur.

Avril 2020, l’avenir est devant moi. Il est structuré en partie. Pas de blues. Des moments d’angoisse rapport à l’ado, uniquement. Aucune rechute, bien au contraire. Maturation de 18 mois de psychothérapie. Je me libère. J’assume, enfin, en grande partie qui je suis. Je chiale une fois, un soir. Je chiale de réaliser une vérité que je ne voulais accepter. Libération. Je suis sortie de mes travers, en grande partie. J’ai compris. Même ce qui n’est pas compréhensible. Analyser en prenant appui sur des faits factuels. Aucune rancoeur, aucun jugement. C’est ainsi. Je suis moi. Je souris peu extérieurement. Mon sourire n’est pas pour tous. Je suis super heureuse intérieurement. Les noeuds se sont dénoués. Accepter, enfin. Etre sincère. Quitte à le payer cher. Toute parole à mon encontre est acceptée ou pas. Plus le temps d’analyser, de répondre, de me justifier. Mon énergie est pour ce qui en vaut la peine. Je me nourris intérieurement.

Avril 2019, je n’ai de cesse de me remettre en cause. Avril 2020, je n’ai de cesse de me construire, d’assumer celle que je deviens.

Le bonheur est à portée de main. Mes amies sont extraordinaires, même là-haut. Mes amis sont exceptionnels, aussi. Je n’ai plus de rancoeur, de rancune. Ainsi va la vie. J’avance sur le chemin de la quiétude, et cela n’a pas de prix. Des rencontres virtuelles ou pas. Des rencontres futiles ou pas. Des rencontres d’un jour ou plus. La vie vaut la peine d’être vécue et qu’il est bon d’être enfin sereine.

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