...de la (sa) vie,  A la une

… d’automne, de vie, d’espérance et de psy

Trois mois sans plume publique, sans témoignage personnel, sans article dit culturel, trois mois de silence donc. Mais le silence n’est-il pas en soi une action ? Une forme de témoignage ? Trois mois, un trimestre, 90 jours environ soit 2 160 heures. Un temps écoulé empli de joies, de vie, de rires, de détente, de renouveau, de naissance, de lectures, d’écoutes musicales, de rencontres, etc… comme tout à chacun dirons-nous. Et pourtant !!!

L’automne a pointé son nez, laissant derrière l’été : la Corse, l’ami d’enfance, les vacances, l’ado, la détente, les soirées conviviales, les plages entre amies, le soleil, la chaleur, l’insouciance propre à l’été. Un été joyeux qui a été témoin de la concrétisation de la rupture définitive de liens créés voici neuf ans. Quel soulagement, quel bonheur. Se sentir enfin défaite de ses liens, respirer à plein poumons et surtout la tête haute. Ne pas fléchir, droite dans les bottes, renvoyer à autrui sa (ses) vision(s) erronée(s) de faits factuels, être fière, fière de soi. Et là, se dire que non ce n’est pas possible. Bé fière d’elle ? Vous plaisantez !!! Réflexe de Pavlov : prendre rendez-vous avec le psy. Genre “Docteur, j’ai un problème, je suis fière de moi, ça ne va pas. Je dois passer à côté de quelque chose. Pas d’autres raisons à cet état de fierté”. En bon professionnel, je suis reçue et je découvre alors la (les) finalité(s) de trois ans de psychothérapie : J’ai accouché de moi. Bordel, j’ai déjà mis bas cinq fois, et voilà que je recommence. Pas de péridurale, pas de contractions, pas de seringue, pas de monitoring et sans souffrance. What the fuck ?

Go back ! A quel moment ai-je commencé à m’auto-accoucher ? Je ne sais pas. Une kyrielle de petits, moyens et grands évènements ont fait que voilà, je me mets au monde à l’arrivée de l’automne. Ca tombe bien, c’est un 21 septembre, ceux qui savent comprendront ! C’est bien gentil tout ça, en plus sans douleur sur le moment. Sur le moment, hein, car on ne va pas se mentir, des douleurs j’en ai eu durant ces trois dernières années, quand même. En bonne scorpionne que je suis, en bonne Bé, il me faut évidemment comprendre le processus de cette maïeutique. Et ainsi, je me retrouve plongée dans des cours de psychologie, de psychiatrie. Je lis, j’apprends (beaucoup), j’essaie de retenir (c’est pas tout à fait gagné), et là je comprends, en partie, ma vie depuis trois ans.

Comprendre les visées et méthodes pratiquées par l’équipe soignante, comprendre le sens du CPJ, comprendre la dissymétrie de la relation avec certains, la symétrie pour d’autres. Comprendre les émotions, comprendre l’automutilation psychologique que je me suis infligée depuis des années (ça remonte à l’enfance), comprendre le sens des mots, comprendre ou pas le comportement, les actions des individus qui m’entourent. Comprendre que le bonheur est à portée de soi. Il suffit de se baisser et de le cueillir. Mais pour cela, se créer un environnement, un milieu fertile pour que pousse l’espoir, la joie, la vie.

Donc vivre l’automne, y mettre les couleurs jaune, rouge, orange. Ecouter de nouveau les musiques qui m’étaient impossibles car trop chargées d’émotions, voyager (pas synonyme de pays étranger), prendre le temps de vivre, de savourer la substantifique moelle de la vie. Revoir la Corse avec l’ami d’enfance, avec l’amie. Découvrir l’arrière-pays niçois, s’intéresser à la politique, à l’économie, à ce putain de néolibéralisme insidieux injecté dans les veines des gens. Comprendre le monde qui nous entoure, aider, transmettre, apprendre, partager, rire et surtout relativiser le temps. Ecrire chaque jour les petits bonheurs, les petits moments de joie. Recevoir les nouvelles pas toujours heureuses avec philosophie et raison. Respirer à plein poumons, méditer en pleine conscience, s’interroger sur son avenir professionnel, s’interroger tout simplement sur le sens de la vie qui me reste car j’entre dans la jeunesse de ma vieillesse. Sereine, apaisée, distanciée tout en étant un être d’émotions, accueillante de toutes nouvelles, de toutes informations… Et bein en prenant cette posture, je ne peux que constater la douceur de ce cadeau magnifique qui m’a été fait un certain jour de novembre, il y a un certain nombre d’années : la vie. Merci papa, merci maman.

Que chacun puisse accéder à cet état de quiétude afin de vivre sereinement. La colère engendre la colère, la rancœur détruit le plus tendre des cœur, le mensonge tue, l’omission jette le doute, et fixer son attention sur le passé empêche de vivre le présent, empêche la projection dans le futur. Prendre soin de soi, de son intérieur et non de l’image extérieure (un peu quand même oui) même si cela nécessite des conflits intrasubjectifs, intrapersonnels. C’est nécessaire dans ce cas, les conflits !

Que cet automne soit doux non pas au sens climatique, géographique du terme, car là on est mal barrés faut bien le dire. Que coule en nos veines la quiétude. Ceci étant je ne rêve pas et je n’oeuvre pas pour un monde de bisounours, on est bien d’accord. Je suis née de nouveau mais quand même suis pas devenue une pacifique, ni même une mangeuse de graines, ni même une adepte de l’eau plate. Faut pas abuser. Douce soirée et douce vie à toutes et tous, et à très bientôt.

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